J’ai toujours imaginé que ma vie serait une longue suite de banalités, un ennui sans fin. Enfant unique, j’ai grandi dans une bourgade froide où les maisons serrées les unes contre les autres et les habitants à l’air réprobateur donnaient un sentiment d’étouffement. Je me voyais déjà adulte, dans une maison étriquée avec quelqu’un d’ordinaire et peut-être des enfants braillards et agités. 

La Capeline écarlate nous fait faire la connaissance de Mila, un peu godiche, un peu mal dans sa peau. Ses parents méprisent leur unique enfant, s’opposent à son désir pourtant simple de devenir secrétaire. Mila fera un apprentissage de modiste chez Aloys Bronck, ami de la famille.

Sans conviction au départ, Mila confectionne des chapeaux sous la houlette de son mentor, qui l’envoie ensuite à Paris comme accessoiriste pour une équipe de cinéma. Mila s’éprend alors du bel Angel, acteur, et va apprendre peu à peu les secrets bien gardés qui entourent sa propre existence.

La Capeline écarlate nous emmène dans une petite ville de Province, puis dans le Paris des années d’après-guerre. Les personnages évoluent entre l’atelier du chapelier, les studios de cinéma, et un petit bistrot nommé le Beau Bosphore. On suit principalement le personnage de Mila dont on découvre peu à peu les secrets. Le roman m’a rappelé l’ambiance de ces romans anglo-saxons que j’aime beaucoup, un peu dans le style de Kate Morton, Joanne Harris ou encore Sarah Waters.

Laissez-moi vous dire que je n’ai pas été déçue du voyage! J’avais été avertie d’un retournement de situation que je n’ai pas vu venir… du tout! Manuela Ackermann-Repond est une virtuose dans l’art de la manipulation du lecteur. Si la lecture dans son ensemble est agréable et si l’histoire intrigue de plus en plus, poussant à tourner les pages, le final est tout simplement bluffant.

Inutile de préciser que je vous le recommande!