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Trois jeunes filles, Léonie, Pia et Charlotte, sont les personnages principaux et narratrices de Une Maison jaune. On les suit respectivement entre 1924 et 1926, 1957 et 1959, 1992 et 1994, dans les murs de cette maison, qui aurait dû être jaune…

Léonie est une jeune fille naïve, qui aimerait bien faire l’école d’infirmière avec son amie Lisbeth. En attendant, elle vit entre un père autoritaire, qui ne supporte pas le bruit, et une mère qui n’ose guère s’affirmer. Ainsi, lorsqu’on lui présente Monsieur Chembignac, un riche homme d’affaires lyonnais, elle est loin d’imaginer les projets que son père a derrière la tête, et songe plutôt à s’amuser de ses petits pieds avec son amie Lisbeth.

Pia vient d’Italie avec ses parents. Comme elle n’a pas encore l’âge de travailler à l’usine, elle est obligée de se cacher entre les murs de la maison. Un jour, elle dévoile par mégarde sa présence à Alba, la jeune femme qui leur loue l’étage. Elle craint d’être renvoyée en Italie, mais Alba la prend sous son aile et décide de lui apprendre le français… et la musique.

Les parents de Charlotte sont divorcés, et sa mère a trouvé un gardiennage dans la maison qui va être détruite prochainement. Elles y habitent en attendant. La vie n’est pas de tout repos pour Charlotte qui partage son temps entre baby-sitting, aide à son père qui travaille dans une station service, études et Thibault, le garçon qui fait battre son coeur. Elle espère bien pouvoir entrer à l’université et s’évader des contraintes du quotidien. Un jour, Charlotte trouve des papiers à la cave, écrits de la plume d’une jeune fille. Lorsqu’elle rencontre une vieille dame du quartier, elle décide d’en savoir plus sur la maison et ses anciens habitants.

L’histoire d’Une Maison jaune avance en parallèle sur trois époques, avec trois narratrices différentes, et tous les fils vont se rejoindre à la fin, lorsque l’on comprend ce qui relie ces histoires. Abigail Seran construit son récit par petites touches subtiles, avec une écriture précise et évocatrice, et sans jamais perdre le fil, puisqu’à aucun moment on ne se perd dans les époques ou avec les narratrices. Un véritable travail d’orfèvre… Il y a du Maupassant dans sa manière de dépeindre les personnages et les situations, que l’on ressent surtout dans les descriptions des membres de la famille Chembignac. Mais l’intérêt principal du livre, c’est le portrait de ces trois jeunes filles issues d’époques différentes, trois personnalités bien distinctes, et qui ont chacune leur moyen personnel de résister aux pressions que chaque époque réserve aux jeunes femmes. Elle vont devoir décider ou non de se conformer à certaines attentes, les attentes n’étant pas les mêmes selon les époques, mais à chaque fois bien présentes et pressantes…

Trois destins de jeunes femmes inoubliables, pour un livre qui est, au final, un petit bijou…