Ayant trouvé un Agatha Christie que je n’avais jamais lu, je me suis empressée de découvrir La Maison Biscornue, pour retrouver la grande dame du roman policier, dont j’ai lu un grand nombre de romans il y a plusieurs années déjà.

Pas un Hercule Poirot, ni un Miss Marple, pas même un Tommy & Tuppence, La Maison Biscornue est un de ces romans d’Agatha Christie, comme les Dix Petits Nègres ou Le Meurtre de Roger Ackroyd, qui se démarque, puisqu’il ne fait pas partie d’une série. Pas de détective, donc, au don d’observation aigu ou aux petites cellules grises en éveil dans la Maison Biscornue, mais un narrateur, Charles, amoureux de Sophia Leonidès, jeune femme dont il ne connaît pas grand chose. Passant deux ans en mission diplomatique au Moyen Orient, notre narrateur revient pour demander la main de Sophia. Là, il apprend que son grand-père, Aristide Leonidès, homme intelligent qui a su faire prospérer ses affaires en flirtant avec les limites de la loi, a été empoisonné par quelqu’un de sa maisonnée.

Charles a tout intérêt à aider Sophia à découvrir la vérité, puisque Sophia ne se mariera pas tant qu’elle ne sait pas si l’honneur de sa famille est menacé. Pourvu, dit elle, attirant la curiosité de Charles, qu’il s’agisse du "bon assassin". Car le bon assassin ou plutôt la bonne meurtrière, ce serait la deuxième femme d’Aristide, bien plus jeune que lui. Jamais acceptée par la famille, elle ferait la coupable idéale. Car que l’un des autres membres de la famille soit responsable, ce serait inacceptable…

Charles va suivre l’inspecteur Taverner dans son enquête, rencontrant chaque personnage de la famille Leonidès: la belle soeur d’Aristide, Edith de Haviland, ses deux fils Philip et Roger et leurs femmes respectives; l’extravagante actrice Magda et la froide scientifique Clemency, ainsi que les petits enfants, Joséphine la curieuse et Eustace le révolté. Des personnages stéréotypés, comme d’habitude, et une énigme qui repose plus sur l’ingéniosité inventive de l’auteur que sur une quelconque profondeur psychologique…

Si La Maison Biscornue n’a pas atteint la renommée d’autre romans d’Agatha Christie, c’est pour une bonne raison. En effet, ce petit roman que l’on pourrait qualifier de "cruel" est loin de faire partie des meilleurs. A l’intelligence incisive d’un Hercule Poirot, à la curiosité de Miss Marple, ne succède qu’un homme sans trop d’esprit (plus Hastings que Poirot) et une idée, qui, sans en révéler trop, si elle était innovatrice dans les années 40, a été exploitée plusieurs fois depuis lors, dans le roman ou au cinéma…

Si vous êtes un fan d’Agatha Christie, vous lirez ou avez lu La Maison Biscornue comme les autres romans. Si vous découvrez Agatha Christie ou êtes sélectifs, vous passerez celui-ci…

Note: 3/5