Ensemble, c’est tout est l’histoire de quatre personnages que la vie n’a pas ménagés. Ils ne supportent plus la médiocrité de leur quotidien ni la lourdeur de leur vécu, mais, en se rencontrant et en apprenant à s’apprécier et à s’apprivoiser, ils commencent à générer une alchimie positive qui va leur permettre, en s’appuyant les uns sur les autres, de surpasser leurs difficultés respectives…

Camille Fauque est sans doute l’héroïne de cette histoire. Elle a vécu une enfance malheureuse auprès d’une mère qui lui faisait du chantage au suicide. Anorexique, elle a eu une jeunesse tumultueuse qu’elle ne dévoile pas volontiers et s’est même retrouvée dans la rue. Quand l’histoire commence, elle fait des ménages dans les bureaux, le soir. La journée, elle dort dans une chambre de bonne glaciale et déprime. Pourtant, Camille est cultivée et elle a un talent que beaucoup lui envieraient: elle dessine divinement bien. Mais Camille ne veut plus dessiner, elle ne veut plus manger, et elle a à peine la force de survivre…

Philibert Marquet de La Durbellière est un noble qui vit dans le même immeuble que Camille. Il monte la garde dans l’appartement de famille, qui fait l’objet de problèmes de successions. La journée, il vend des cartes postales. Philibert est la honte de sa famille: il bégaye et a des troubles obsessionnels compulsifs qui l’empêchent de mener une vie sociale normale.

Franck Lestafier est cuisinier. Il travaille énormément, jure énormément, et drague incessamment. Franck cache derrière cette façade peu amène les inquiétudes qu’il se fait pour sa grand-mère. Celle-ci ne veut pas quitter sa maison et son jardin même si, à l’évidence, elle est de moins en moins autonome. Après s’être cassé le col du fémur, Paulette est à l’hôpital, où Franck passe tous les lundis, son seul jour de congé.

Paulette sait bien que son petit-fils travaille beaucoup et ne peut rien faire de plus pour elle, mais elle ne veut surtout pas finir dans une maison de retraite. Elle ne voit plus sa fille depuis longtemps, et Franck est la seule famille qui lui reste…

Bientôt, pour ces quatre personnages, tout va changer. Leur rencontre va générer des énergies imprévues, faire naître des idées, des solutions. Bien entendu, le déroulement de cette histoire est plutôt prévisible, mais ce n’est pas grave, on se laisse emporter par le style fort agréable d’Anna Gavalda, un style simple, plutôt oral, avec ce qu’il faut d’argot et d’humour et pas mal de dialogues. Pas de la grande littérature, certes, mais une sorte de conte de fées moderne avec des personnages hauts en couleur, une lecture dont on ressort léger et de bonne humeur. Un roman que l’on dévore très vite, malgré ses 600 pages…

Note: 4/5