Le choc le projette en arrière.
Et la dernière chose que perçoit Martin Servaz est l’électricité statique sous ses pieds, les gouttes de pluie froide sur ses joues, l’odeur d’ozone de l’air et les hurlements de son adjoint au bas du talus, alors même qu’une guêpe de métal mortelle lui transperce le coeur.

Nuit marque le retour du commissaire Martin Servaz après une incursion dans le “stand-alone” avec Une putain d’histoire.

Martin Servaz ne retourne pas seul, puisque Nuit ramène également Julian Hirtmann, le suisse extrêmement intelligent et manipulateur, tueur de femmes en série, némésis de Servaz, qui quelques années auparavant avait enlevé Marianne, la femme dont Servaz était amoureux. Leur seul point commun? La musique de Mahler.

L’action démarre par cette fois-ci en Norvège, alors que l’inspectrice Kirsten Nigaard se rend sur une scène de crime peu conventionnelle: une technicienne de base off-shore retrouvée assassinée sur l’autel d’une église. En enquêtant sur la plateforme, la police découvre dans la chambre d’un homme manquant à l’appel des photos d’un commissaire français que le lecteur connait bien ainsi que celles d’un petit garçon. Derrière la photo un prénom: Gustav.

Martin Servaz, lui, est à Toulouse, et se lance bêtement, sans son arme, à la poursuite d’un homme soupçonné de viol, Jensen. L’homme monte sur un train et se fait électrocuter, non sans avoir eu le temps de tirer une balle dans le coeur de Servaz. Il passera plusieurs jours dans le coma, et en ressort, au dire de tous, y compris sa fille Margot, changé…

De là, l’enquête norvégienne et l’enquête française se rejoignent, Servaz, qui est encore fragile après sa blessure, décide tout de même de s’associer à son homologue norvégienne pour retrouvez Hirtmann (qui est l’homme derrière le meurtre dans l’église et les photos trouvés sur la plateforme), et ce petit garçon qui semble cristalliser bien des questions…

Je ne vais pas faire durer le suspense: j’ai été très déçue par cet opus des enquêtes de l’inspecteur Servaz. J’ai trouvé ce polar décousu, manquant de liant et d’intensité. On suit ce début d’enquête norvégienne qui nous mène sur la piste Hirtmann (avec un lieu plein de potentiel pour un polar, qui est une plateforme off-shore, finalement peu exploitée), la confrontation entre un délinquant sexuel (Jensen), et Servaz qui laisse celui-ci entre la vie et la mort à l’hôpital (d’accord, Jensen reviendra par la suite, et l’expérience de Servaz va expliquer un changement de personnalité qui permettra qu’il soit soupçonné de certaines choses), et puis la course une fois de plus pour retrouver Hirtmann, ou du moins ce petit garçon qu’il semble avoir pris sous sa protection (et qui ne sera finalement pas bien difficile à trouver puisque cela fait partie dans les plans d’Hirtmann), et encore une confrontation avec un couple de pervers retors, avant celle, finale, avec Hirtmann, dans des circonstances bien particulières.

Ce qui m’a surtout frappée à la lecture de Nuit, c’est la minceur de l’intrigue. Je pense que si ce roman n’était pas une suite tant attendue, je ne serai peut être pas allée jusqu’au bout. Minier nous balade un peu dans toutes les directions, comme s’il ne savait pas vraiment où il allait, et franchement, je me suis ennuyée. J’ai trainé sur plus d’une semaine un polar que j’aurais dû vouloir lire en 2 jours. J’ai trouvé le retournement de situation final tiré par les cheveux et peu crédible. J’avais adoré les trois premiers (surtout le 2 et le 3, Le Cercle et N’éteins pas la lumière), mais là, je trouve que Minier a fait chou blanc.

Non, décidément, je n’ai pas aimé Nuit. Désolée pour ceux qui ne seront pas d’accord avec moi. Pour le prochain, j’attendrais la version Poche…