Ce n’est qu’en arrivant aux dernières pages de Ma Cousine Rachel qu’il m’est apparu que je l’avais probablement déjà lu il y a plusieurs années. Je me souvenais du fameux Rebecca, ou encore de l’Auberge de la Jamaïque, mais pas de celui-ci…

Philip est un orphelin élevé depuis l’enfance par un cousin célibataire qu’il admire, Ambroise Ashley. Ambroise est le prototype du vieux garçon: gauche dans ses mouvements, grand et dégingandé, il aime sa maison et surtout le jardin qui l’entoure. Ce passionné de botanique ne se verrait pas sacrifier des habitudes comme fumer sa pipe au coin de la cheminée, ou renoncer à sa petite vie tranquille, pour aucune dame. Plus les années passent et plus Philip devient comme lui, jusqu’à avoir la même apparence physique. Pourtant, la vie recluse et agréable des deux hommes est mise en péril lorsqu’Ambroise, qui depuis quelques années quitte la Cornouaille pour passer l’hiver sous des cieux plus cléments, se rend à Florence et visite une lointaine cousine, Rachel.

Dans une lettre inattendue, Ambroise signale à Philip son intention d’épouser Rachel. Philip est atterré, et jaloux également de cette intrusion féminine dans leur vie. Ambroise retarde son retour et ses courriers se font plus rare, jusqu’au jour où dans une lettre alarmante, Ambroise écrit son tourment: malade, saisi de migraines atroces, il a en outre l’impression d’être incessamment épié par sa femme Rachel. Philip part immédiatement pour Florence, non sans recevoir une deuxième lettre, très brève, et encore plus inquiétante. Lorsque Philip arrive dans la villa de Florence, il est trop tard: Ambroise est mort et enterré, et la cousine Rachel a quitté la villa, emportant toutes les affaires de son défunt mari.

Philip, certain que la mort d’Ambroise a été causée par Rachel, a bien l’intention de se venger. Dans sa tête, il imagine celle qu’il a appris à haïr. Pourtant, lorsque la cousine Rachel débarque un jour en Cornouailles, elle est bien loin de l’image qu’il s’était faite d’elle, et bientôt, il commence à nourrir à son égard des sentiments ambigus…

Ma Cousine Rachel, on l’aura bien compris, est une histoire à suspense, présentant le caractère gothique d’autres romans de Daphné du Maurier. Du début à la fin du roman, on partage les doutes du personnage principal, Philip, et jusqu’à la résolution finale, on ne sait, comme lui, que penser. Ce roman repose sur le point de vue choisi, celui de Philip. Rachel reste un mystère, vu que nous n’avons aucun accès direct à ses pensées. D’un point de vue littéraire, Daphné du Maurier est un peu l’ancêtre de Ruth Rendell. Elle fait reposer ses romans sur une atmosphère créée par un lieu isolé du monde et quelques personnages présentant des pathologies peu ordinaires.

Recommandé aux amateurs de suspense psychologique…

Note: 4/5