Douglas Kennedy raconte à la première personne les déboires de Hannah Latham, une femme "ordinaire". Fille d’un professeur d’université engagé contre la guerre du Vietnam et d’une artiste qui a été la maîtresse du peintre De Kooning, Hannah se sent complexée par sa propre aspiration à une vie ordinaire et sans vagues. Contre l’avis de sa mère, sa plus sévère critique, Hannah se marie à 20 ans avec Dan Buchan, un homme "normal", jeune médecin qui hésite encore entre pédiatrie et orthopédie.

Très vie enceinte de leur premier enfant, Hannah doit se résoudre à vivre à Pelham, une petite ville du Maine, où son mari a accepté un remplacement de deux ans. Là commencent les doutes, l’idée qu’elle est peut être passée à côté de quelque chose, comme par exemple, le voyage à Paris qu’elle a refusé d’entreprendre pour rester aux côtés de Dan. Ainsi, lorsque Hannah accepte d’héberger Tobias Judson, un agitateur gauchiste militant, ami de son père, elle ouvre sans le savoir la porte à des problèmes qui vont se répercuter sur son avenir…

C’est une trentaine d’années plus tard que le passé ressurgit dans la vie de Hannah, lui rappelant que planifier une petite vie tranquille ne la prémunit pas contre les caprices du destin. Ainsi, Hannah va connaître une longue descente aux enfers, typique des romans de Douglas Kennedy, voyant tout ce qu’elle a construit au fil des années s’écrouler autour d’elle.

Comme dans Une Relation dangereuse, Douglas Kennedy narre les évènements du point de vue d’une femme. Après le milieu hollywoodien (Rien ne va plus), celui des yuppies new-yorkais (Les Désarrois de Ned Allen), et des Australiens du Bush (Cul-de-Sac), Kennedy, observateur de son temps, passe au vitriol la catégorie des bigots américains qui portent leur religion en bannière et justifient leur intolérance par une vision manichéenne de l’existence.

Ambitieux car couvrant plusieurs décennies de l’histoire américaine récente, Les Charmes discrets de la vie conjugale est sans doute le meilleur roman d’un auteur qui ne déçoit jamais…

Note: 4/5