Fan des romans de Jean-Christophe Grangé (à l’exception du dernier, Miserere), j’ai voulu essayer son rival le plus souvent évoqué: Franck Thilliez, et j’ai commencé avec son dernier roman, L’Anneau de Moebius.

Stephane Kismet (Kismet veut dire "destin" en Arabe) est créateur de mannequins gores utilisés au cinéma: il façonne, dans sa cave, des horreurs qui ne sont rien à côté de celles qu’il est en train de vivre quand s’ouvre le roman. Kismet rêve, et ses rêves, comme il ne va pas tarder à la découvrir, lui dévoilent son avenir, un avenir dans lequel il se retrouve mêlé à l’assassinat d’une fillette. Avec son obsession d’empêcher que ses visions se réalisent, il ne tarde pas à passer pour un fou aux yeux de tous, y compris de sa femme Sylvie…

Vic Marchal est un jeune lieutenant de police qui vient de monter à Paris. Peu sûr de lui, souffrant en secret de douleurs chroniques qui le rendent incapable de bien tenir un revolver, il est bien décidé à faire ses preuves malgré tout. Sa première affaire, une jeune femme atrocement mutilée découverte chez elle, va le précipiter dans une enquête obsessionnelle qui menace sa relation avec Céline, sa femme enceinte de quatre mois …

À priori, aucun rapport entre les deux affaires. Et pourtant… Au fur et à mesure que les jours passent, la réalité de Kismet rejoint progressivement ses rêves, et croise le chemin de Vic Marchal. Dans une course contre la montre, les deux personnages vont se lancer dans une lutte inégale contre le destin.

Malgré des thèmes assez sordides à déconseiller aux âmes sensibles (la monstruosité sous toutes ses formes, et la souffrance), l’idée de l’histoire est originale, et sa réalisation, jusqu’aux cinq-sixièmes du livre, tient ses promesses. Malheureusement, la fin, n’était pas à la hauteur de mes attentes.

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Outre ma déception lors de la révélation du coupable, j’ai trouvé la façon qu’a choisie l’auteur de se sortir de cet anneau de Moebius aussi lamentable que bâclée. L’auteur aurait dû coller à son système jusqu’au bout, à la façon du scénario du film l’Armée des douze singes, ou alors s’en extraire de manière un peu moins contestable et un peu plus subtile (Pour ceux qui ont lu le roman, c’est pour moi à partir du moment où le personnage se retrouve avec deux lettres semblables que tout part en eau de boudin… Même s’il y a toutes ces lettres écrites par tous les Stefur, elles sont en fait la même lettre: à un temps T, il ne peut en exister qu’une, et elle est dans les mains de celui qui l’a écrite, pas dans une boîte postale dans laquelle il ne l’a pas encore mise). Pas facile de contourner le paradoxe temporel… D’autres auteurs y parviennent de façon plus convaincante.

Je pense lire à l’avenir d’autres romans de Franck Thilliez car le roman, malgré ses failles, parvient à tenir le lecteur en haleine…

Note: 3,5/5