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Pandemia est le dernier volume des enquêtes de Franck Sharko et Lucie Henebelle, et ne devrait être lu qu’après Angor, car c’est en réalité la suite d’une même enquête, celle qui concerne la traque de l’homme en noir… Thilliez établit aussi un lien avec un précédent roman, Atomka.

Sharko est appelé sur une scène de crime, celle d’un homme ordinaire qui promenait son chien dans la forêt après le diner. Ils ont été tous deux sauvagement assassinés et mutilés. L’enquête conduit la police vers un étang proche, dans lequel est retrouvé un sac d’ossements humains. En parallèle, quelques cygnes morts sont découverts dans une réserve naturelle. Amandine Guérin, microbiologiste, soupçonne la présence d’un virus de type A, comme le H1N1. Mais deux éléments l’inquiètent: la répartition des oiseaux morts indiquent une intervention humaine, et le virus n’est pas répertorié, et donc, aucun vaccin ne peut agir contre lui. Le premier cas humain ne tarde pas à se déclarer. Bien entendu, les deux affaires vont se révéler liées…

Une fois de plus, Thilliez nous entraîne dans une redoutable course contre la montre. Son style efficace et rythmé, ses chapitres courts qui alternent plusieurs fils narratifs, et la présence de ses héros marqués par la vie et accros à leurs boulots de flics, Sharko et Hennebelle, sont des ingrédients qui fonctionnent, une fois de plus. Hennebelle, jeune maman, est plus en retrait de l’action dans ce roman. On retrouve aussi des personnages rencontrés dans Angor: Camille Thibault, récemment greffée du coeur et Nicolas Bellanger, dont le couple a un peu la même dynamique que celui de Sharko/Hennebelle. On rencontre aussi un nouveau couple dans ce roman, car Amandine, la microbiologiste, a pour compagnon Phong, qui a renoncé à sa propre carrière pour cause de SIDAA, une immunodéficience rare qui lui impose la plus grande prudence. La personnalité d’Amandine, son obsession des microbes, et la façon dont le couple vit dans une maison vitrée et labyrinthique façon rats de laboratoire fournit quelques-unes des meilleures pages de ce roman.

J’ai apprécié la lecture de Pandemia, qui réserve aux lecteurs quelques rebondissements et un rythme soutenu, avec deux bémols: une trop grande ressemblance entre certains aspects de ce roman et la série américaine The Following, qui lui enlève une partie de son originalité, et une fin qui défie un peu trop la crédibilité et laisse penser que cette histoire n’est peut-être pas encore finie… J’espère que Thilliez va cesser d’exploiter cette thématique de l’homme en noir, de cercles concentriques du mal, pour passer à autre chose, car je ne suis pas sûre d’avoir envie de lire un troisième livre dans la même veine.

Un suspense solide, malgré les bémols…