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Dans son dernier rom pol, Temps glaciaires, Vargas tente de concilier deux idées obsessionnelles qui lui sont venues la nuit (comme elle l’a elle-même expliqué dans La Grande Librairie): celle des paysages tourmentés de l’Islande avec la figure menaçante de Robespierre. Difficile de marier le rude climat islandais et la Terreur de Robespierre? C’est sans compter sur le talent de Fred Vargas et son imagination débordante…

Une vieille dame s’effondre en tentant de poster une lettre. Une bonne âme, récupérant la lettre, décide de l’amener jusqu’à la boîte pour accomplir l’acte manqué. Quelques jours plus tard, la vieille dame est retrouvée morte dans sa baignoire: un apparent suicide. Mais quelque chose gêne le commissaire Adamsberg: un signe présent sur le carrelage de la salle de bains, qui lui évoque une guillotine. D’autres morts viendront bientôt s’ajouter au tableau…

La piste conduit bientôt le commissaire en Islande, où une vingtaine d’années auparavant, un drame a eu lieu: un petit groupe de touristes, à la recherche d’une pierre chaude qui donnerait la vie éternelle, se retrouve pris au piège des brumes: la plupart survivent, mais deux sont morts dans des circonstances louches. La vieille dame morte dans sa baignoire est l’une des survivantes de la tragédie…

Plus tard, c’est vers un groupe d’études robespierriennes que l’enquête se tourne. La piste islandaise s’éloigne, sauf pour Adamsberg qui persiste à vouloir s’attarder sur les rivages islandais, au risque de créer la division au sein du commissariat, entre ceux qui le soutiennent inconditionnellement et ceux qui pensent qu’il est reparti “pelleter les nuages”, l’érudit et rationnel Danglars en tête. La discorde risque-t-elle de s’installer entre ces deux-là?

Dans Temps glaciaires, on retrouve avec plaisir les personnages de Vargas: Adamsberg, Danglars, Rétancourt, Veyrenc, et les particularités qui font leur charme. On en découvre aussi de nouveaux, comme cette équipe de passionnés de Robespierre qui jouent des reconstitutions des séances du tribunal de la Terreur avec un réalisme saisissant. Le passage en Islande, où l’indémontable Rétancourt a encore une fois l’occasion d’user de ses forces surhumaines pour sauver ses collègues est particulièrement savoureux. Et puis, grâce à Vargas, je n’oublierai jamais que j’écris cette critique avec l’aide d’une sorcière qui compte (tölva, le mot islandais pour ordinateur!)

Un Vargas pour les fans des rom pols de Vargas, et pour les autres, ceux qui n’ont pas encore découvert son univers unique et enchanteur…