Ethan Whitaker est sur le point de vivre la pire journée de sa vie. Quinze ans plus tôt, il a abandonné son destin dans Times Square. Ouvrier sur un chantier de Boston, fiancé à son amie Marisa depuis le lycée, il se retrouve tout à coup piégé dans la perspective d’un futur médiocre. Intelligent, ambitieux, il décide sur un coup de tête de tout quitter et de devenir quelqu’un d’autre. Cinq ans plus tôt, il est amoureux de Céline, une hôtesse de l’air qui pourrait être la femme de sa vie. Mais persuadé qu’il va lui porter malheur (ou est-ce la simple peur de s’engager?), il la quitte… Aujourd’hui, Ethan a réussi, au-delà de ses espérances. Ayant d’abord ouvert un cabinet de psychothérapie à Harlem, le hasard et la chance l’ont propulsé au sommet et il est devenu l’un des gourous du bien-être et du développement personnel le plus médiatisé des États-Unis.

Mais aujourd’hui est le jour où tout bascule… En quelques heures, Ethan risque de tout perdre, même ce qu’il ignorait avoir. Sur cette journée à rebondissements, le Destin et le Karma s’affrontent avec cette question: peut-on changer les choses quand il est trop tard?

Je reviens te chercher est dans la même veine que les autres romans de Guillaume Musso: à la frontière entre la réalité et le fantastique, une histoire où tout se joue en quelques heures, et un héros au bord du précipice. Musso aime les fins chocs, les retournements de situations (à la manière de son cinéaste préféré M. Night Shyamalan), mais, à force de faire monter la surenchère des fins surprenantes, on arrive à un point où il faut tricher pour convaincre… Ici, le ressort sur lequel repose la surprise finale n’est malheureusement pas crédible. Les remarques négatives que je réserve d’habitude aux romans de Guillaume Musso restent valables aussi: en ce qui concerne le style, l’auteur ne s’améliore pas, sa prose médiocre reste bourrée de clichés stylistiques. Et je n’entrerai même pas en matière sur le choix des titres (vendeurs, certes…). Musso fait preuve de goût dans les références littéraires qui parsèment ses livres: il devrait s’inspirer un peu du style de ces auteurs-là. Il faudrait aussi qu’il arrête ses allusions peu fines aux acteurs hollywoodiens. S’il veut que Forest Whitaker interprète le rôle du chauffeur de taxi dans une éventuelle adaptation, qu’il le lui fasse savoir autrement! C’est à l’acteur d’épouser un personnage littéraire fort, pas à l’écrivain de se reposer sur l’image qu’ont les gens d’un acteur pour s’épargner la difficile tâche de rendre vivant un personnage d’encre et de papier (c’est ce que j’appelle de la paresse littéraire!)

Le meilleur roman de Musso reste pour moi l’avant-dernier, Parce que je t’aime, suivi de Seras-tu là? Cependant, il faut reconnaître que les romans de Musso (sans exception), se lisent d’une seule traite, et l’auteur tente d’être original à chaque fois, effort qu’il faut saluer…

Note: 3,5/5