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Car je suis l’homme qui disparaît. L’homme sans avenir. L’homme en pointillé. Celui qui a faim de vie, mais qui ne peut pas faire de promesses. Celui qui doit vivre vite. Qui doit donner à chaque journée l’intensité d’une montagne russe. Celui qui doit étirer le temps pour multiplier le bouquet de souvenirs qu’il laissera derrière lui en partant.

Arthur Costello, jeune médecin bostonien, reçoit un bien étrange héritage de son père, malade: un phare, et la mise en garde suivante: il ne doit jamais pénétrer dans une pièce condamnée de son sous-sol. Arthur, ne pouvant résister à la curiosité, pénètre dans la pièce, il en disparaît aussitôt pour réapparaître à New York un an plus tard…

Arthur vit alors une véritable malédiction: il ne vit qu’un jour par an. Une seule journée, pendant laquelle il est supposé vivre sa vie: se remettre au courant de l’actualité, des sorties musicales ou cinématographiques, des changements du monde, mais aussi rencontrer la femme de sa vie, l’aimer, et lui faire des enfants… Le reste du temps, il disparaît, n’existe tout simplement plus.

J’ai beaucoup aimé cette histoire qui est une parabole de la vie elle-même, du temps qui passe, de plus en plus vite au fur et à mesure qu’on vieillit, et que l’on ne met pas à profit comme on le devrait. Aux années interminables de l’enfance et aux années dorées de la jeunesse, succède l’âge adulte, l’impression que le temps fuit, que les enfants grandissent sans que l’on ne s’en aperçoive, la sensation que la vie n’est finalement que cette suite d’instants privilégiés gravés dans la mémoire, alors que le reste, le quotidien, la succession des jours, ressemble à cet état de non-existence que vit Arthur, entre chaque journée remarquable. Au travers d’Arthur, Musso pose la question de ce qui compte vraiment dans la vie.

Seulement voilà, à mon avis, Guillaume Musso aurait dû rester au premier niveau de son histoire, il aurait dû faire confiance au lecteur pour interpréter cette histoire telle qu’elle devait l’être. J’ai trouvé que le dernier chapitre était un peu une insulte à l’intelligence du lecteur et une sortie de scène un peu facile… Guillaume Musso a écrit la fin de L’Instant présent, j’aurais souhaité lire la fin de L’Homme qui disparaît. Qui a lu le roman comprendra. Je n’avais pas besoin que l’auteur m’explique la morale de l’histoire.

Dommage pour ce final en pétard mouillé, mais un bon moment de lecture quand même…