En règle générale, je préfère les romans d’Harlan Coben qui présentent des héros différents à chaque fois, c’est à dire ceux qui ne font pas partie de la série des aventures de Myron Bolitar, agent représentant des sportifs, mais se trouvant souvent mêlé, dans son désir d’aider les autres, à des affaires criminelles. À vrai dire, avant celui-ci, je n’avais lu qu’un seul Myron Bolitar par le passé, et j’en avais déduit que je préférais ses autres romans. De plus, à l’exception de Dans les Bois, j’ai lu tous les romans de Coben en langue originale, ce qui est en général préférable. C’est donc sans enthousiasme particulier que j’ai entamé la lecture de Sans Laisser d’Adresse, le dernier volume paru (ou à paraître, il n’a été édité jusqu’à présent que chez France Loisirs), des aventures de Myron Bolitar…

Il s’agit pourtant peut-être du meilleur des thrillers d’Harlan Coben que j’ai lus jusqu’à présent… Le personnage de Myron, un homme se sentant responsable pour toujours des gens qui ont fait un jour partie de sa vie, entouré de personnages improbables mais attachants (Win, le richissime ami, toujours prêt à jouer des poings ou des armes à feu pour venir en aide à Myron, Esperanza, l’ancienne joueuse de catch professionnel reconvertie en mère poule, etc.) gagne à être découvert. Le travail de la traductrice est assez remarquable:  les joutes verbales constantes et les calembours qui fusent entre Win et Myron, et le style argotique en général, ont dû être un cauchemar à traduire,  mais la traductrice Roxane Azimi s’en est sortie très honorablement. Nous lecteurs sommes prompt à dénoncer une mauvaise traduction, reconnaissons aussi les efforts louables…

Sans Laisser d’Adresse démarre sur les chapeaux de roues, quand Myron est appelé au secours par une ancienne maîtresse, Terese Collins, qu’il n’a pas vue depuis des années, et dont l’ex-mari a disparu. Myron, qui se remet d’une rupture toute fraîche, se rend à Paris pour retrouver Terese et tenter de l’aider. Un drame, qu’il ignorait, est à l’origine de la détresse de cette femme, qui a mis fin des années auparavant à une brillante carrière de journaliste: la mort de sa petite fille dans un accident de voiture dont elle était la cause. Peu après l’arrivée de Myron à Paris, l’ex-mari de Terese est retrouvé assassiné, et certains éléments de l’enquête remettent en question la mort de leur fille. Des retournements de situation (mais pour une fois Coben n’en fait pas trop, juste ce qu’il faut), et un tournant complètement inattendu de l’enquête qui démarrait sur la recherche  d’une personne disparue, va révéler à Myron qu’il a mis les pieds sur un territoire très dangereux, et que les enjeux  sont bien plus importants que ce qu’il aurait pu soupçonner…

Un très très bon thriller, imprévisible et captivant, par l’un des maîtres actuels du suspense made in USA…

Note: 4/5