Jamais deux sans trois dit-on, et après Honteuse de Karin Alvtegen et L’Heure Trouble de Johan Theorin, voici donc une troisième critique consécutive d’un roman d’auteur suédois, et pas des moindres, puisqu’il s’agit d’Henning Menkell, le plus connu des auteurs de polars nordiques.

Contrairement à ce que le titre pourrait laisser penser, Le Cerveau de Kennedy ne parle pas du cerveau de Kennedy, ou plutôt seulement en tant que métaphore de ce que l’on cache au public. Ce roman ne fait pas partie de la série qui met en scène l’inspecteur Kurt Wallander, il ne se passe pas non plus en Suède, ou très peu, puisqu’il nous mène, entre autres, en Australie, en Espagne et au Mozambique.

Henrik Cantor, un jeune homme de 25 ans, est retrouvé mort dans son lit à Stockholm, aucune trace de violence apparente. La police conclut à un suicide, après que l’autopsie révèle l’ingestion massive de somnifères, mais Louise, la mère de Henrik, archéologue qui revenait de fouilles en Grèce lorsqu’elle a fait la macabre découverte, ne veut pas y croire. Alors elle se met à la recherche d’Aron, le père de Henrik, sorti depuis longtemps de sa vie, et après l’avoir débusqué en Australie, elle l’entraîne sur les traces de son fils. Elle s’aperçoit rapidement que celui qu’elle croyait connaître la préservait de toute une partie de sa vie. Elle découvre qu’il avait un appartement à Barcelone, plusieurs liaisons amoureuses à la fois, et qu’il s’intéressait à la vie de femmes africaines atteintes du Sida. Elle se rend alors au Mozambique, où elle découvre une vérité épouvantable, qui avait conduit son fils à l’engagement, mais peut-être aussi à une fin prématurée…

Le Cerveau de Kennedy aurait pu être un bon roman, si Henning Mankell avait pris la peine d’élaborer un scénario et des personnages crédibles. Henrik, supposé nous apparaître comme mystérieux et insaisissable, est tout simplement incohérent et à aucun moment on n’arrive à avoir de l’empathie pour ce personnage qu’on n’arrive pas à cerner. Louise, qui dès la première nuit passée dans un hôtel chic, avoue que cela n’est pas dans son budget, enchaîne les voyages en avions et nuits dans des hôtels de luxe, donnant le tournis au lecteur. On peut comprendre qu’une archéologue se lançant dans une enquête ne va pas obtenir les résultats d’un policier, mais il me semble qu’en tant que lecteur, on était en droit d’attendre plus de réponses… L’intrigue est bâclée, et, si l’histoire devient un peu plus intéressante dans le dernier tiers du bouquin, elle est très longue à démarrer si bien qu’on se demande si elle va finalement nous mener quelque part. Henning Mankell, dans une postface, évoque la colère qui l’a poussé à écrire ce roman. On sent en effet que le moteur est plus l’impulsion que la réflexion et le soin porté à polir des personnages et une histoire. Dommage… Mon conseil: lisez plutôt les enquêtes de l’inspecteur Wallander…

Note: 2,5/5