Dans la campagne suédoise, un couple d’agriculteurs est sauvagement assassiné. Avant de décéder, à  l’hôpital, la femme a juste le temps de répéter le mot "étranger". Conscient de l’impact que ces mots pourraient avoir sur la population voisine, rendue sensible au problème de l’immigration par la présence de camps de réfugiés dans le voisinage, Kurt Wallander recommande de ne pas ébruiter l’information. Mais des rumeurs filtrent quand même, et bientôt, Wallander reçoit des coups de téléphone anonymes qui menacent d’une vengeance raciste imprécise si les coupables ne sont pas bientôt arrêtés…

La vie privée de Kurt Wallander n’est pas simple non plus: sa femme, Mona, l’a quitté depuis plusieurs mois et ne semble pas avoir l’intention de revenir. Sa fille, Linda, vit sa vie sans trop se soucier de lui, et son propre père montre des signes de démence sénile. Rien ne va donc pour Wallander, qui se laisse aller à la déprime et à la malbouffe, et tombe amoureux de la nouvelle procureur.

Dans cette enquête de l’inspecteur Wallander, c’est un portrait assez pessimiste de la Suède qui se dessine. Wallander constate les changements qui ont eu lieu dans son pays, l’insécurité, l’augmentation de la criminalité, et l’apparition d’une violence gratuite assez effrayante. Ce roman parle aussi des problèmes liés à la politique du droit d’asile et au contrôle des frontières, et du racisme provoqué par la peur de l’Autre. L’auteur dresse un portrait réaliste et sans concession de son pays. Kurt Wallander rappelle un peu Erlendur Sveinsson, et Henning Mankell est un peu l’équivalent suédois de l’islandais Arnaldur Indridason.

Un bon polar, pour les amateurs du roman noir…

Note: 3,5/5