Globalia est une société futuriste qui a érigé la démocratie en maître absolu dans ses formes les plus extrêmes. Aucune décision n’est prise qui puisse nuire à une quelconque minorité, les gens peuvent choisir de travailler ou de mener une vie oisive tout en ayant un minimum vital assuré, toute opinion est en théorie tolérée, même si les opinions qui vont contre les valeurs de Globalia sont très mal considérées. Les frontières et les nationalités n’existent plus puisque sources de discordes; bref, Globalia est un monde idéal…

Sauf que ce monde, où la démocratie doit être préservée à n’importe quel prix, ressemble étrangement à celui de Big Brother dans 1984: tout le monde est surveillé, l’information est filtrée et manipulée… Dans cette société sclérosée qui se veut de liberté, Kate et Baïkal, deux jeunes dans un monde où les gens vivent de plus en plus vieux et où la natalité est sévèrement contrôlée, rêvent d’une autre liberté, qu’ils pensent trouver dans les non-zones, c’est à dire les zones qui ne sont pas contrôlées pas Globalia.

Après une tentative d’évasion vite stoppée, Baikal est envoyé par Ron Altman, un des hommes influents de Globalia, pour représenter aux yeux des Globaliens l’ennemi public numéro un, car le danger d’une société sans ennemi, c’est le risque de se détruire de l’intérieur…

Globalia est une idée intéressante de roman d’anticipation, qui nous montre les failles du système dans lequel nous vivons en en poussant les défauts à l’extrême. Malheureusement, Rufin n’explique pas toujours suffisamment les mécanismes qui conduisent aux paradoxes qui régissent Globalia. Il soulève des problèmes intéressants qu’il n’approfondit pas. De plus, dans la réalisation de son projet, Rufin semble avoir perdu la foi en son histoire car celle qu’il nous présente s’essouffle, manque de rythme, et le lecteur a le temps de s’ennuyer en parcourant les 500 pages qui le mènent à un dénouement assez peu original… Globalia ne rejoindra certainement pas 1984 au rayon des romans visionnaires marquants…

Note: 2,5/5