Une katiba est un nom bien poétique pour une réalité qui l’est beaucoup moins, puisqu’il s’agit d’un camp d’entrainement mobile pour combattants jihadistes situé en Afrique du Nord.

Jean-Christophe Rufin, dont le dernier roman (Le Parfum d’Adam) nous avait entraîné à la poursuite de dangereux éco-terroristes, se lance ici dans un domaine qui devient très à la mode dans la littérature de ces dernières années: le terrorisme islamiste. On retrouve “Providence”, service de renseignements privé mené par Archie, un James Bond vieillissant plus a l’aise à diriger depuis un bureau que sur le terrain.

Comme dans Le Parfum d’Adam, un jeune médecin (mais pas le même que dans son roman précédent, celui-ci se nomme Dimitri), est envoyé sur le terrain pour s’infiltrer auprès de médecins mauritaniens de Nouakchott afin de les espionner et de rapporter toute activité suspecte. Jean-Christophe Rufin s’inspire de sa propre expérience, puisque lui-même a travaillé, non seulement dans l’humanitaire, mais aussi pour les services secrets. Il aurait, paraît-il (d’après le numéro de Lire de ce mois-ci), aidé la DGSE à traquer les hommes d’al-Quaida après l’assassinat de ressortissants français en Mauritanie.

Mais le personnage clé de cette histoire, c’est Jasmine, une jeune veuve de diplomate français qui se rend en Mauritanie, en plein coeur du désert, pour rencontrer Kader, un trafiquant qui assure la protection des voyageurs et habitants du désert contre finances. Kader entretient aussi des amitiés avec les membres d’une katiba… Qui est donc Jasmine, partagée entre deux cultures, entre deux mondes totalement incompatibles, et quelles sont ses motivations? C’est ce que le roman va nous apprendre…

Un peu comme avec Jean-Christophe Grangé, avec Rufin, on a l’impression d’être entre les mains de quelqu’un qui domine bien son sujet, et on se laisse mener en toute confiance d’un bout à l’autre de la planète, admirant les connaissances géopolitiques de l’auteur. Il ne faut bien sûr pas lire Rufin pour son style, (d’après l’article de Lire, il se revendique d’ailleurs comme un storyteller dans la lignée de Dumas) mais on passe un bon moment avec ce thriller rondement mené et plutôt satisfaisant, même si l’héroïne du Parfum d’Adam, Juliette, était un personnage un peu mieux travaillé que celui de Jasmine, qui finalement nous reste assez lointain…

Note: 3,5/5