Après Globalia, que j’avais trouvé assez peu convaincant, Jean-Christophe Rufin, écrivain, médecin, pionnier de l’action humanitaire et parfois chargé d’opération secrètes, revient avec un roman qui lui permet d’utiliser tous ces domaines de compétences, puisque le héros, Paul, un médecin ancien agent secret, est rappelé sur le terrain par l’un de ces anciens chefs de la CIA maintenant à la tête d’une boîte de renseignements privée. Il s’agit pour lui d’enquêter sur un acte de vandalisme commis dans un laboratoire en Pologne: les animaux du laboratoire ont été libérés, et le matériel détruit. Si les indice permettent de suspecter le FLA, Front de Libération des Animaux, Paul s’inquiète de la disparition possible du vibrion du choléra, qui était enfermé dans l’une des armoires saccagées.

Juliette est la jeune activiste responsable de l’acte commis en Pologne. Elle a vécu une enfance malheureuse et souffre de troubles maniaco-dépressifs. Elle est à la fois idéaliste et égarée. Dans ses phases maniaques, elle ne connaît pas de limites. Ainsi, après avoir volé un petit tube à essai dont elle ignore le contenu, elle fait du chantage à Jonathan, son contact, pour aller plus loin dans l’aventure et apporter elle-même ce qu’elle a dérobé aux responsables du mouvement pour lequel elle n’est qu’un pion, et dont elle ne connaît pas les objectifs réels…

Le Parfum d’Adam est un roman passionnant dont le sujet est l’écoterrorisme, qui nous mène des Etats-Unis au Brésil en passant par le Cap-Vert, la Suisse et l’Autriche ou encore la Pologne et l’Afrique du Sud. Si l’écologie en France est un mouvement plutôt modéré et qui laisse l’être humain au centre des préoccupations, il existe des mouvements écologiques beaucoup plus extrémistes et antihumanistes, aux Etats-Unis notamment, qui considèrent l’humain comme une espèce parmi les autres, n’ayant pas plus de droits que les autres. Quand ces écoterroristes s’en prennent à la surpopulation et accusent le tiers-monde de tous les maux, le danger devient bien réel… C’est l’histoire que Le parfum d’Adam nous raconte.

Le Parfum d’Adam est un roman captivant, au rythme soutenu, soulevant des problématiques réelles et inquiétantes. À la fin du roman, et à la façon d’un Michael Crichton, Rufin fait la part du vrai et du faux, et s’il rejette à juste titre les solutions extrêmes des terroristes radicaux, il est inquiétant tout de même de voir que lui-même semble n’avoir aucune solution de grande envergure à proposer pour résoudre des problèmes auxquels l’humanité devra un jour faire face..

Note: 4/5