Une fille nue était assise par terre, adossée au tronc mort, les jambes écartées, les bras de part et d’autre de son corps, paumes vers le ciel. Sa tête était penchée en avant et son menton, plissé par la pose, touchait presque la poitrine. Séparée par une raie médiane, ses longs cheveux blonds maculés de boue étaient ramenés derrière les épaules, dégageant ainsi son buste où deux cratères rouges sombre remplaçaient les seins. Le tueur avait également découpé de larges morceaux de chair au niveau des hanches et des cuisses.

Après avoir lu et aimé Block 46 (non chroniqué), il y a quelques temps, il était tout naturel que j’enchaine avec Mör à sa sortie.

Ce que j’avais apprécié dans Block 46: les personnages (la profileuse Emilie Roy et l’écrivain de “True Crime” Alexis Castells), les chapitres brefs qui alternent entre lieux et personnages et qui nous maintiennent dans un suspense permanent (un peu à la façon du duo Lars Keplers), le côté “crossing lines” (en référence à la série TV) avec une enquête qui nous balade entre l’Angleterre et la Suède, tous ces ingrédients sont bien présents également dans Mör

Johana Gustawsson nous balade aussi dans l’histoire, puisqu’elle nous conduit à Londres, dans les quartiers malfamés de Whitechapel au temps de Jack L’Eventreur, au travers du personnage de Freda, une jeune femme qui espère s’élever dans la société londonienne et quitter son cloaque londonien. C’est pourtant un sort tout à fait différent qui l’attend, et qui la conduira en Suède, avec une malédiction qui semble se répercuter sur sa descendance, jusqu’à nos jours…

Dans le présent, c’est une femme qui est retrouvée en Suède, des bouts de chairs amputés à plusieurs endroits du corps. À Londres, c’est une actrice, Julianne Bell, qui disparaît, et tout porte à croire que l’enlèvement est l’oeuvre du tueur de Tower Hamlets, homme qui croupit en prison depuis 10 ans, coupable du meurtre du mari d’Alexis.

Mör est un livre dont le suspense captive et ne lâche pas. On s’attache aux personnages (que l’on sent un peu inspirés de la série The Bridge, avec aussi un personnage souffrant d’Asperger) et on a envie de savoir qui est le coupable. Un seul petit bémol, peut-être un peu trop de personnages au final impliqués dans l’histoire… Mais cela n’enlève pas la jubilation de la lecture. Une plongée terrifiante dans l’univers des amateurs de chair humaine tendance Hannibal Lecter…

Un bon thriller que je recommande, et j’attends le prochain volume avec impatience !