Comme ses deux livres précédents, le dernier roman de Johann Theorin, Le Sang des Pierres, se déroule dans l’île d’Öland, touristique l’été mais déserte et plutôt sinistre l’hiver. C’est à présent le printemps, mais il fait encore bien froid et le dégel est seulement amorcé. Pourtant Gerlof, un vieux de l’île, qui aime bien résoudre les mystères et se plonger dans le passé, décide de quitter la maison de retraite pour retourner dans la demeure où il a vécu toute sa vie. Il sent que son heure approche, et ne veut pas mourir en institution. À la place, il se plonge avec culpabilité dans les journaux intimes que sa femme a laissés avant de mourir, ce qui le précipite à nouveau dans les mystères du passé de l’île…

Les vacances de Pâques attirent sur l’île Peter, qui a hérité de la maison de son oncle, et ses deux enfants Jesper et Nilla. Nilla est très malade, et doit subir des tests à l’hôpital pour savoir de quoi elle souffre. Mais ce n’est pas le seul sujet d’inquiétude de Peter, qui doit voler au secours de son propre père, Jerry,  un homme dont il n’a jamais été proche et qui a eu une carrière sulfureuse dans les années 70 et 80. Malheureusement, les problèmes de son père vont vite devenir les siens…

Sur Öland il y a aussi Vendela, femme mariée à un écrivain de livres de développement personnel imbu de lui-même. Sous ses airs bourgeois et citadins, Vendela est en fait une enfant de l’île: elle y a grandi dans la ferme de son père, et les souvenirs de sa prime jeunesse sont loin d’être idylliques. Pourtant, elle aime l’île et est sûre qu’elle pourra enfin y apercevoir des elfes. Elle se souvient des histoires racontés par son père sur les elfes et les trolls, et les prend très au sérieux…

Comme d’habitude, Theorin sait créer une ambiance à partir du cadre de l’île touristique désertée, en proie à la rudesse du climat et aux mythes qui l’habitent. Cette fois-ci, l’intrigue principale, liée au personnage de Jerry, nous emmène en dehors de l’île et c’est un peu dommage; elle n’est pas aussi passionnante que celle des précédents romans, mais l’atmosphère et au rendez-vous et l’attachant Gerlof aussi. Le Sang des pierres est un bon roman à défaut d’être un bon polar, mais ce n’est pas le meilleur des trois…

Note: 3,5/5