Alix Gregory a quatorze ans lorsque se produit une tragédie qui change le cours de son destin et celui de sa famille à jamais: alors qu’elle est hébergée durant l’été dans la résidence de son oncle, Charles Lanchbury, en France, pour aider à garder ses enfants, le petit Charlie, 2 ans, disparaît, à la veille de la première guerre mondiale. Malgré les recherches, on ne trouve aucune trace de lui. La culpabilité que ressent Alix est renforcée par la haine que lui voue désormais son oncle…

Quelques années plus tard, Alix est aide-soignante dans un hôpital en Angleterre. Elle rencontre deux frères, Jonathan et Derry Fox, que tout oppose. Jonathan est le fils aîné, celui qui reprendra l’affaire familiale, le fils “parfait”, soigné pour des éclats d’obus dans la jambe, tandis que Derry, trop jeune pour avoir participé à la guerre, aimerait marquer son époque, laisser une trace de son passage. Pourtant, toutes ses tentatives pour devenir quelqu’un semblent vouées à l’échec, et les frasques de ce charmeur impénitent lui attirent les foudres de son père. Alix ne le sait pas encore, mais elle sera amenée, quelques années plus tard, à revoir Jonathan et Derry, qui prendront une place importante dans sa vie. Pourtant, dans l’immédiat, c’est avec Edward North qu’elle va se lier. Souffrant des poumons et amputé d’un bras suite à la guerre, cet archéologue de 35 ans propose à Alix un mariage de raison, et celle-ci pourrait utiliser ses dons artistiques pour aider Edward dans sa tâche, et ainsi voir le monde…

L’Enfant de l’ombre est une saga romanesque de grande qualité, qui tient notre intérêt de lecteur éveillé. Je précise “de grande qualité” parce que “saga romanesque” comporte en général une connotation péjorative, un arrière-goût de sous littérature. Pourtant, l’Enfant de l’ombre à toutes les qualités d’un bon roman: des personnages intéressants, une intrigue captivante sur fond d’histoire de l’entre-deux guerre, et un style (du moins dans la traduction) tout à fait agréable à lire. N’ayant jamais lu de romans de Judith Lennox auparavant, je suis allée voir les critiques sur amazon.co.uk (l’auteur est anglaise), et on la compare souvent à Maeve Binchy (encore une autre auteur que j’aime beaucoup et qu’on considère un peu vite comme une écrivain de seconde catégorie). Si je peux comprendre la comparaison avec Maeve Binchy, l’Enfant de l’Ombre m’a aussi évoqué par son ambiance des auteurs et des romans considérés comme beaucoup plus littéraires (de Fitzgerald au Patient anglais (The English Patient) de Ondaatje, en passant par Les Brumes de Riverton (The House at Riverton) de Kate Morton ou Expiation (Atonement) de Ian McEwan). On y retrouve les thèmes de la trahison, de la culpabilité, et de la résilience…

Un roman vivement recommandé pour une lecture à déguster lentement sur la plage…

Note: 4,5/5