Lucy Schaffer vit à New York depuis trois ans et s’immerge dans son travail, au sein d’une grande banque de Manhattan. Elle a fui la Californie où elle est née et a passé la plus grande partie de sa vie, peu de temps après le décès de son fils de six mois, Stevie, de mort subite du nourrisson.

Un jour pourtant, Lucy va être obligée de confronter le passé et ses vieux démons dans des circonstances tragiques: son père est retrouvé mort, apparemment noyé, et elle doit se rendre de toute urgence en Californie où la police l’attend pour la questionner: il semblerait en effet que la mort de son père ne soit pas accidentelle…

Lorsque Lucy retourne à ses racines, elle se trouve obligée de confronter les proches qu’elle a abandonnés (comme Scott, son mari), de se remémorer les circonstances de la mort de son fils, ainsi que les nombreuses tragédies qui ont marqué son enfance (comme la descente dans la folie de sa mère, enfermée dans un asile). Elle va peu à peu se rendre compte que la mémoire peut être traître; peu fiable et parfois fort influençable, et que sa famille cache de nombreux squelettes dans les placards…

L’Été Assassin, après un démarrage un peu poussif, est un thriller très prenant (même si l’on devine aisément et assez rapidement l’identité du coupable), explorant le thème de la folie, ainsi que les sentiments forts mais contradictoires qui peuvent entourer la venue d’un enfant dans une famille. Liz Rigbey a du potentiel en tant qu’auteur de romans à suspense et je lirai probablement son premier livre (en version originale: il n’a pas été traduit à ce jour), mais elle devrait apprendre l’art de lancer le lecteur sur de fausses pistes convaincantes, ainsi que creuser un peu plus la psychologie des personnages et de ne pas avoir peur de fournir plus de détails sur les motivations du coupable. Avec ce genre de roman on reste trop souvent sur l’impression d’une fin un peu bâclée. Peut-être les auteurs pensent-ils à tort qu’une fois le coupable dévoilé, il faut se hâter de conclure, pour ne pas risquer le désintérêt du lecteur…

Note: 3,5/5