NE PAS LIRE CE QUI SUIT SI VOUS N’AVEZ PAS LU Le Goût du bonheur, Gabrielle

L’action reprend au début d’Adélaïde là où on l’avait quittée à la fin de Gabrielle. Gabrielle vient de mourir accidentellement, et le clan des Miller en est durement affecté. Edward surtout, le mari aimant d’Adélaïde, ne parvient pas à reprendre goût à la vie et délaisse de plus en plus ses enfants. Les plus grands étant partis ou mâles, il incombe à la douce et patiente Rose, la cadette, de reprendre, tant bien que mal, les commandes de la maison. Lorsqu’Adélaïde annonce à son père qu’elle est enceinte de Théodore Singer, un Juif marié, celui-ci, outré, la bannit. Il n’accepte pas le comportement de sa fille aînée, qui le fait doublement souffrir, par son attitude de rébellion et par sa ressemblance avec sa mère. Adélaïde a accepté l’offre de Nic Mc Nally de l’épouser, ne sachant pas vraiment dans quel genre d’union elle se lance avec cet homme qu’elle connaît depuis qu’elle est enfant, et qui a été amoureux fou et platonique de sa mère. Toujours amoureuse de Ted, parti au combat, Adélaïde se sent de plus en plus attirée par Nic, son mari. Adélaïde, qui vit maintenant à Montréal, veut y accueillir Florent, son ami d’enfance, qui doit faire une école de couture. Entre Nic, Florent et Adélaïde, c’est l’harmonie parfaite. La petite Léa, fille d’Adélaïde, se trouve bien entre ses "deux papas" et sa maman. Mais au loin, en Europe, la guerre fait rage et menace tour à tour tous les hommes de l’entourage d’Adélaïde. Même Nic risque de partir, et Adélaïde ne veut pas perdre les hommes qu’elle aime à cause d’une guerre qu’elle ne comprend pas…

Adélaïde est plus riche en événements que le premier tome de cette saga. Adélaïde représente la femme forte et volontaire, déterminée à trouver son bonheur, faisant fi des conventions avec une aise que sa mère ne connaissait pas. Elle est aussi l’emblème de cette génération de femmes qui ont repris les affaires de leur mari au pied levé, prouvant au monde qu’elles étaient aussi capables qu’eux. Entêtée, refusant les compromis, Adélaïde s’impose et en impose. Si la guerre ne brise pas sa détermination, celle-ci risque d’être fortement ébranlée par la réapparition dans sa vie de quelqu’un qu’elle espérait bien ne jamais revoir et qui menace le bonheur de sa famille…

Je poursuis toujours avec intérêt cette saga mêlant histoire récente et passion romanesque. Il ne m’arrive que rarement de me plonger dans des sagas, mais celle-ci est bien écrite, bien rythmée, les personnages sont captivants, et même si par moments l’intérêt faiblit un peu devant certaines longueurs, l’auteur a su terminer chaque volume sur un "cliffhanger" (je prends, à force de lire Laberge, cette habitude québécoise de mêler des mots anglais au français, là où ils expriment mieux une idée!), poussant le lecteur à se jeter assez rapidement sur le tome suivant…

Note: 4/5