Mark Wallen, père de deux jumeaux qui a perdu sa femme et sa fille aînée dans les attentats du 11 septembre 2001, dirige le Sword, service secret non gouvernemental, doté d’une unité de forces spéciales composée d’éléments recrutés dans le monde entier: les faucons.

Lorsque, suite à l’acceptation par le peuple suisse de la votation sur minarets, les ambassades européennes reçoivent des lettres piégées, ce sont les faucons qui sont envoyés en investigation. En parallèle, une famille de touristes est prise en otage en Egypte. Encore une mission pour les faucons.

Lorsqu’ensuite un avion de la Swiss est détourné vers Oman, le Conseil Fédéral refuse une intervention des services spéciaux et la négociation est confiée aux services omanais. Cela prendra toute la diplomatie de la conseillère fédérale, Simona Zanetta, pour limiter les impacts et les dommages de l’intervention.

Les attentats sont revendiqués par le ALA (Armée de Libération Arabe), nouveau groupuscule terroriste dont Walpen va remonter la piste. Elle les conduira à Dubai, où l’agent israélienne Rebecca doit se mettre dans la peau d’une palefrenière pour s’assurer que le prince des Emirats Arabes n’a aucun lien avec les terroristes. Entre besoin de mettre les coupables hors d’état de nuire et soucis d’éthique, Mark Walpen se trouve confronté à des décisions difficiles. Heureusement, il a son père diplomate, Ralph, pour le conseiller..

Même si à priori je ne suis pas fan de romans d’espionnage, j’ai trouvé originale l’idée d’une unité d’intervention de force spéciale pilotée depuis la Suisse et dont l’action dans les conflits mondiaux serait, bien entendu, top secrète. Les scènes d’action menées en parallèle à plusieurs endroits du monde assurent la dynamique du récit.

J’ai moins adhéré, mais c’est très personnel, à la narration elle-même, qui laisse à mon goût trop de place aux dialogues et pas assez au récit. J’ai trouvé, par exemple, que certains scènes d’action auraient gagné en intensité et en suspense à être racontées à la troisième personne, et non dans un dialogue de réminiscence entre combattants (je pense notamment à l’intervention pour libérer des otages en Lybie, au début du récit). J’ai aussi trouvé inhabituel de signaler les rires et certaines réactions des personnages comme des indications scéniques, façon didascalies théâtrales, ce qui rompt à mon avis un peu le rythme de la lecture.

Hormis ces réserves, L’Envol des Faucons est un thriller intéressant et recherché au niveau géostratégique, notamment sur l’épineux problème du terrorisme. Il saura sans nul doute satisfaire les amateurs de 007, avec la valeur ajoutée de la “couleur locale” d’une agence basée sur les bords du Léman, à Lutry. Le personnage principal rappellera un peu Myron Bolitar aux lecteurs d’ Harlan Coben, un Bolitar qui serait à la tête des membres des forces spéciales de The Unit…