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Lui rencontre Elle. Elle, jeune femme, 28 ans, dans les joies de la maternité avec sa petite fille Mona mais un peu délaissée par son mari, chirurgien de renom. Elle s’ennuie un peu.

Lui, 55 ans, séducteur, vieux beau, à tendances narcissiques, il préfère séduire que consommer, de peur de ne pas être à la hauteur. Il tient à son image.

Il est son beau-frère. Elle fait tout pour le séduire. Dans cette danse entre deux individus aux aspirations si différentes, parfois ils se rejoignent, souvent ils s’éloignent. Elle souffre, il veut laisser sa marque. Elle s’accroche, il prend ses distances. Elle fuit, il resserre la prise. Le chasseur et la proie…

Un récit à la première personne, où s’alternent deux points de vue qui disent l’abîme entre les personnages. On pourrait se poser la question s’il n’est pas un peu pervers narcissique, mais on le perçoit plutôt comme un égoïste ordinaire.

Comme disaient les Rita Mitsouko, “les histoires d’amour finissent mal, en général.” Celle-ci en fera pas exception. Le lecteur n’est d’ailleurs jamais bercé d’illusions. Déjà le titre, issu d’un poème de Baudelaire: “Des Baisers froids comme la lune”, nous annonce la couleur.

Un roman qui n’est pas vraiment une histoire d’amour, mais plutôt l’autopsie d’un couple. Mélanie Chappuis n’a pas son pareil pour se mettre dans la tête des gens (voir ses chroniques, Dans la tête de…) et pour explorer avec des mots justes et un style simple et percutant la psychologie et les dérives du couple.

Un roman que j’ai beaucoup aimé, qui se lit d’une traite, et que je ne peux que recommander ! (Fleurs bleues s’abstenir!)