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Fétiches est le sixième volume des enquêtes de Jack Caffery. Récemment, j’ai lu Viscères, le septième volet, et j’ai choisi de remonter la chronologie, choix douteux que je suis en train de remettre en question, puisque je m’expose à certains spoilers sur les intrigues secondaires.

L’intrigue de Fétiches se déroule dans un hôpital psychiatrique dans lequel règne une drôle d’ambiance. Les patients (et certains membres du personnel soignant, même s’ils ne l’avoueraient pour rien au monde), sont terrorisés par une légende: celle de la Maude, une infirmière naine qui revient sous forme de fantôme s’assoir sur leur poitrine, telle un incube. Au delà de la légende, ce sont des faits inquiétants qui mettent le personnel en émoi: phrases entières écrites sur le corps des patients, automutilations, ainsi que morts suspectes, comme celle de Zelda, une patiente obèse morte d’une crise cardiaque.

Comme dans Viscères, la narration se divise en deux fils principaux, dont l’un suit A.J., l’infirmier en chef qui hésite à alerter la police sur ce qui se passe au sein de l’hôpital psychiatrique, et qui en parallèle noue une idylle avec la directrice de l’établissement, tandis que l’autre se focalise sur le commissaire Jack Caffery, qui subit des pressions de la part de la mère éplorée d’une jeune femme disparue d’un centre de réhabilitation pour drogués. Il doit absolument retrouver le corps de Misty Kitson, mais seule le sergent Flea Marley, dont il est amoureux, connait la vérité sur la disparition de la jeune droguée.

Mo Hayder n’a pas son pareil pour instiller la terreur et l’effroi, et l’environnement d’un hôpital psychiatrique était le milieu parfait pour cela. Du pain bénit pour une écrivain aussi talentueuse… Pourtant, si l’intrigue est relativement bien tournée bien que très lente, le dénouement est assez prévisible, et j’ai trouvé que la tension n’était pas au rendez-vous comme elle aurait dû l’être dans un cadre si propice. Le lecteur n’éprouve pas le malaise ou la peur qu’un roman comme L’Homme du soir (que j’ai personnellement trouvé insoutenable) ou Viscères peuvent susciter. Tant mieux pour nos nerfs, mais résultat un peu décevant de la part d’un auteur comme Mo Hayder que l’on lit surtout pour l’adrénaline.

Pas son meilleur…