[yasr_overall_rating]

Dans ce dixième thriller de Mo Hayder (la septième des enquêtes du commissaire Jack Caffery), ce dernier est toujours obsédé par la disparition de son frère, enlevé par un pédophile, des années auparavant. Il entre en contact avec le Marcheur, un homme solitaire qui recherche sa fille disparue, et passe un marché avec lui: s’il retrouve les propriétaires d’un petit chien blessé, le Marcheur lui révèlera la vérité sur le sort de son frère. Une vérité que Jack risque de regretter tellement elle dépasse ses pires cauchemars… Mais Jack Caffery, souffrant de migraines, a pris quelques jours de congé et accepte le marché, même s’il n’a que peu d’indices et donc peu de chances de retrouver les propriétaires du chien perdu et de remplir sa part du contrat.

Parallèlement, les Anchor-Ferrers, père, mère, fille adulte et chien de la famille, rentrent dans leur propriété des Tourelles, une demeure très isolée, après l’opération cardiaque du père. Dans le jardin, ils trouvent des viscères accrochés aux branches d’un arbre tels des guirlandes. Immédiatement, la panique s’installe: plusieurs années auparavant, Minnet Kable, un assassin, avait sévi dans la région en tuant un couple d’amoureux, étalant leurs viscères dans les arbres au-dessus d’eux. Lucia, la fille Anchor-Ferrer, était l’ex petite amie d’Hugo, l’une des deux victimes, et avait été durablement traumatisée par les meurtres. À présent, il semblerait que tout recommence… Les Anchor-Ferrers veulent alerter la police mais la ligne téléphonique est coupée et les portables ne captent pas le réseau. Rapidement, deux policiers se présentent pourtant à la grille…

De là, l’action évolue en un huis clos particulièrement oppressant, et dans lequel les apparences sont trompeuses puisque la situation se retourne plusieurs fois, réservant un bon nombre de surprises au lecteur. L’alternance des chapitres nous fait également suivre les progrès de l’enquête de Jack Caffery, nous faisant sortir un peu de l’atmosphère étouffante qui règne aux Tourelles.

Il y avait longtemps que je n’avais pas lu du Mo Hayder. Je ressors chaque fois des lectures de ses thrillers partagée entre l’envie de ne plus jamais relire un de ces romans, et celle d’en lire un autre très rapidement. Je m’explique: Mo Hayder est brillante dans sa manière de construire une histoire et des rebondissements, mais, également, elle dépeint la noirceur de l’âme humaine comme personne… Du coup, après, on a un peu envie de changer de genre et de fuir l’univers du polar le temps d’un ou deux livres. Les thrillers de Mo Hayder sont d’une violence (surtout psychologique) assez extrême, qui fait un peu passer Thilliez et Grangé pour des auteurs pour bisounours, en comparaison. Donc, c’est un auteur que je conseillerais plutôt à un public averti…

Frissons garantis, mais cauchemars aussi…