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Qu’ont en commun un commercial qui rumine une ancienne infidélité sur le chemin du boulot, un jeune flic zélé, un chômeur qui deale pour arrondir ses fins de mois, une jeune femme amoureuse, un ado influençable et un amateur des stands de tirs?

À priori rien ou presque, si ce n’est le fait que leurs destins convergent un jour d’hiver, autour d’un cadavre tué par balle dans le parc lausannois de Mon Repos (un Repos qui devient “éternel”, pour le coup).

Mais est-ce vraiment tout ce qu’ils ont en commun? C’est ce que l’histoire va nous révéler. Car selon les mots du dernier narrateur: “La vie est un équilibre. Une immense structure dont tous les éléments s’imbriquent les uns dans les autres.” On pourrait rajouter qu’il n’y a pas de hasard, juste des ironies. La chute, inattendue et originale, en est la preuve.

En parallèle à l’intrigue, une réflexion sur l’art, sa valeur, son utilité et son statut. En périphérie des 6 personnages principaux sont mentionnés un peintre pour qui “peindre n’est pas un travail mais une nécessité”, un écrivain “qui vit de sa plume” (le chanceux!) et un photographe voyeuriste, dont la présence ouvre et clôt le récit.

Le Parc est un roman court mais percutant. Le style est nerveux et la plume fort habile, avec des tournures particulièrement bien troussées (On retiendra entre autres “Une envie de l’embrasser lui gerçait les lèvres” ou “Assise sur la banquette arrière, comme un bon chien sage, la culpabilité le fixait de ses yeux acérés”) et l’humour guette le lecteur au coin de la page, comme une tache de couleur dans ce roman noir.

Le Parc est au final un polar original et bien ficelé, qui défie les règles du genre (point d’enquête conventionnelle, de recherche de mobile ou d’arrestation musclée) et se lit d’une traite et avec plaisir !