Postmortem est le premier roman de la série policière dont l’héroïne est le Dr. Kay Scarpetta. Étant fan de la série TV "Les Experts", je voulais essayer ce (relativement) nouveau type de roman policier dont le héros n’est pas le flic mais le médecin légiste. Une précédente tentative, avec Déjà Dead de Kathy Reichs, s’était soldée par une déception. Je n’avais apprécié ni le personnage principal (Temperance Brennan), ni l’intrigue, ni le peu de crédibilité des divers personnages…

Postmortem de Patricia Cornwell, en revanche, nous présente une héroine sympathique, Kay Scarpetta, quadragénaire divorcée, sans enfants, mais avec une nièce surdouée qui l’adule, Lucy. Kay vient de reprendre la tête du service de médecine légale de Richmond, en Virginie. Parallèlement à une affaire difficile, elle se heurte aux préjugés de ses collègues masculins et à un sabotage interne, puisqu’un mystérieux pirate a essayé de consulter à son insu les données de son ordinateur. L’affaire qui l’occupe concerne un serial killer qui a déjà violé et étranglé quatre victimes lorsque l’histoire commence. Le meurtrier semble intelligent, et ne laisse pas beaucoup d’indices révélateurs si ce n’est une mystérieuse substance sur le corps des victimes qui s’avère luminescente lorsqu’elle est exposée au laser, ainsi qu’une curieuse odeur sucrée et écoeurante…

Au fil du roman, on suit les progrès de Kay, au travers des travaux propres aux médecins légistes et à leurs assistants, c’est à dire autopsies et analyses chimiques de diverses substances trouvées sur la scène du crime. L’aspect plus classique du roman policier qui consiste en interviews des suspects ou autres filatures est également présent au travers de l’inspecteur Marino qui travaille en collaboration avec Kay. Les relations entre les deux protagonistes sont d’ailleurs plutôt tendues… Les explications scientifiques sont tout à fait à portée du lecteur et pas du tout lassantes (ce qui n’est pas le cas chez Kathy Reichs), mais attention: âmes sensibles s’abstenir… L’action se passe principalement dans les morgues et Cornwell, qui utilise sa propre expérience professionnelle, ne nous épargne aucun détail du quotidien des médecins légistes.

Le résultat est en tout cas très convaincant, l’histoire est passionnante et on s’attache rapidement aux personnages principaux. De plus, la nouvelle traduction intégrale d’Andrea H. Japp est très réussie (et je trouve que les romans traduits de l’anglais le sont souvent fort mal). Je recommande donc Postmortem à ceux qui ne sont pas encore familiers de l’univers de Patricia Cornwell, et qui souhaitent découvrir une nouvelle série policière offrant une perspective différente sur les enquêtes criminelles…

Note: 4/5