diapo-1Patrick Cauvin est mort vendredi passé, à l’âge de 77 ans…

J’ai  découvert Patrick Cauvin en 1987, lorsqu’on m’a offert Povchéri, et je me souviens avoir beaucoup ri des mésaventures du jeune héros. Peu de temps après, j’ai dévoré le terrifiant Haute-Pierre. Et ensuite, beaucoup d’autres de ses romans ont suivi… Je me revois sortir de la librairie avec une énorme pile de livres de poche: en vrac, E=MC2 Mon amour, L’Amour aveugle, Laura Brams, Nous allions vers les beaux jours, Huit jours en été, etc. C’était la première fois que j’achetais autant de livres à la fois, et aussi sans doute l’une des premières fois que je faisais mes propres choix littéraires, en dehors des romans sortis de la bibliothèque de mes parents et des livres à lire “pour  l’école”. Plus de vingt ans après, je me souviens encore de ce jour ensoleillé, de cette pile de livres de poche sous mon bras, et de la perspective des deux mois de vacances scolaires: un été sans fin, de rencontres et de voyages, par papier imprimé interposé…

Et puis, le temps a passé… J’ai fait des études de Lettres, et j’ai appris à mépriser la littérature populaire et à choisir les auteurs avec plus de discernement, pour leur originalité narrative et  le sérieux des thèmes abordés. J’ai découvert Georges Perec, Italo Calvino, James Joyce… Et les romans “de gare” sont restés réservés à mes voyages en train, un livre dont on dit un peu honteusement: “ je le lis parce que je ne pourrais pas me concentrer sur autre chose” ( sous-entendu: “de plus sérieux”).

Malgré tout, durant toutes ces années,  je n’ai jamais totalement cessé de lire Patrick Cauvin, et n’ai jamais cessé de l’apprécier. Le temps passant, je suis réconciliée avec la littérature dite populaire que j’assume maintenant (presque) totalement. Récemment, j’ai lu Les Pantoufles du samouraï et retrouvé l’humour incomparable de l’auteur, son style “ qui coule”, et ses histoires qui accrochent immédiatement le lecteur. Alors Patrick Cauvin, auteur de romans populaires? Certainement, mais on peut dire ce qu’on veut, il reste l’un des auteurs qui m’a donné le goût de lire… et celui d’écrire.

Patrick Cauvin était un auteur populaire certes, mais c’était aussi un grand écrivain…