Je n’avais pas lu Philippe Labro depuis des années, mais j’ai gardé un bon souvenir de L’Etudiant étranger et Un Eté dans l’Ouest, lus dans mes années d’adolescence.

Dans Les Gens, Philippe Labro met en scène trois personnages, qui ont en commun le manque d’amour dans leur vie. Maria, jeune américaine de seize ans, s’est enfuie de chez ses parents adoptifs, et depuis, elle arpente les Etats-Unis à la recherche de petits boulots saisonniers. Son exceptionnelle beauté est à la fois sa chance et sa plus grande vulnérabilité…

Caroline vit un chagrin d’amour dévastateur depuis que Tom, l’homme pour qui elle a quitté son mari et mis sa carrière en danger, l’a un jour congédiée de sa vie, sans préavis. Elle tente pourtant de ne pas sombrer dans la dépression…

Marcus Marcus est un homme énigmatique et désagréable, un mélange de Fogiel et d’Ardisson. Son emission, “Vous qui aimez la gloire”, l’a propulsé comme animateur préféré des français. Il interviewe les célébrités, les mettant à nu par la pertinence de ses questions et son manque total de scrupules.

Les destins de ces trois personnages que rien à priori ne lie vont se croiser, et s’influencer, avant de se séparer à nouveau.

Il y a du bon et du moins bon dans Les Gens. Labro excelle dans la description de la société snob parisienne ou américaine et son personnage de Marcus Marcus est très réussi. En revanche, le personnage de la jeune Maria n’est pas tellement crédible. Labro aurait dû parler d’elle à la troisième personne. En faisant une focalisation interne sur son personnage, il adopte un registre de langage qui ne correspond pas à l’âge et au niveau d’éducation de Maria, même si elle évolue au cours du roman. À cause de ce choix, à aucun moment elle ne m’a paru “réelle”. De la même façon, on a l’impression que Labro a été guidé par les trois personnages qu’il a créés, il les a très bien utilisés pour décrire des milieux et des situations qui lui tenaient à coeur, mais l’interaction nécessaire entre les trois pour créer l’unité du roman est très artificielle. Labro s’est beaucoup trop focalisé sur ses “gens”, et pas assez sur le “plot” (je me permet un anglicisme, puisque lui-même en truffe allègrement son roman…) Un roman un peu prétexte à nous montrer ces “gens” au détriment d’une histoire bien construite, mais un moment malgré tout agréable, et une écriture enthousiaste et jubilatoire.

Note: 3,5/5