Cette biographie nous raconte la vie de Léonard de Vinci, génial inventeur, peintre, sculpteur, mathématicien, poète, etc. Fils d’un notaire et d’une servante d’auberge, ce bâtard ne sera jamais vraiment reconnu par la famille de son père, sauf par son oncle Francesco, qui lui léguera à sa mort quelques arpents de terre, et surtout le nom des de Vinci.

Là où la biographie de Sophie Chauveau surprend, et oserais-je dire, déçoit celui qui ne connaît le célèbre génie que superficiellement, c’est quand on apprend que de son vivant, Léonard n’a vécu ni de son art, ni de son talent d’ingénieur, puisque son rôle officiel, celui pour lequel il était recherché par tous les puissants, était celui d’organisateur de fêtes. Organisateur génial, puisqu’il ne se contentait pas de peu, mais créait des automates et des spectacles enchanteurs, mais simple amuseur de cour quand même…  Entre Florence et Milan, Léonard est engagé successivement auprès des Médicis, des Sforza ou encore des Borgia…À la fin de sa vie, il retiendra l’attention de François Ier qui l’installera en France, à Amboise.

Autre déception: malgré l’inventivité débordante de Léonard, rien ou presque ne subsiste de ses oeuvres. Léonard est perfectionniste mais dispersé et toujours à l’affût de nouvelles techniques et nouveaux centres d’intérêts. Il n’honore pas toujours ses commandes, suscitant l’impatience de ses mécènes. Il s’est lancé dans de nombreux projets jamais menés à bien. Sa vie est “décousue, capricieuse, vécue au jour le jour”. Les rares tableaux achevés (comme La Cène) se détériorent rapidement, à cause des techniques utilisées. Quand à ses ingénieuses inventions, elles ont été consignées dans des carnets égarés et parfois vendus par les héritiers, qui ne seront retrouvés et révélés que tardivement, si bien que les inventions réalisées, quand elles le seront, ne devront rien aux projections graphiques du visionnaire (d’ailleurs on n’est pas sûr de pouvoir toutes les lui attribuer, un gros doute par exemple à propos de “ses” turbines hydrauliques, tant les idées circulaient et s’échangeaient à l’époque).

Cet homme génial, à la vie privée scandaleuse pour l’époque (il doit fuir Florence suite à un procès pour sodomie), aux passions excessives (qui lui vaudront de s’encombrer presque toute sa vie de Salaï, giton qui lui servit souvent de modèle et qui profita de lui presque jusqu’à la fin de sa vie), peine au travers de cette biographie à habiter l’aura de celui que la postérité encense. Sans doute aussi la faute à Dan Brown qui lui a inventé de toutes pièces une appartenance au fictif “prieuré de Sion” et a vu un symbolisme caché dans ses oeuvres, alors qu’apparemment Léonard fuyait les alchimistes et tout ce qui était à caractère un peu ésotérique comme la peste!

Une biographie intéressante, mais peu vivante, pour un personnage pas à la hauteur de sa légende… Je préfère les biographies, qui, quitte à être un peu romancées, nous invitent dans les pensées du personnage, nous le rendant ainsi plus proche. Rien de tel ici, ce qui nous amène certes plus d’objectivité, mais une aussi une distance qui nous empêche de vraiment rentrer dans l’intimité de l’homme et de son oeuvre…

Note: 3,5/5