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Le crime de Julian Wells démarre avec le suicide du personnage éponyme, qui se tranche les veines sur une barque après avoir détruit un message cryptique: “le coup de Saturne”. Dans ses affaires, sa soeur retrouve une carte de l’Argentine, sur lequel un village, proche des chutes Iguazu, est encerclé. Cet écrivain de true crimes comptait-il s’y rendre pour des recherches?

Son ami de toujours, le critique littéraire Philip Anders, s’interroge et culpabilise. Il aurait voulu être sur la barque avec son ami et lui dire les mots qui l’auraient empêché d’attenter à ces jours. Mais comment aurait-il trouvé les mots, quand il n’a pas la moindre idée des démons qui hantaient son ami? Wells se sentait coupable d’un “crime”, dont Philip aurait été le seul témoin, c’est ce qu’un dédicace, qu’il n’avait jamais prise au sens premier, semble lui dire. Dès lors, Philip tente de revisiter la vie de son ami et leur relation, sous le prisme de ce suicide. Mais cela ne suffit pas. Alors, il entreprend un voyage, une sorte d’enquête, qui retrace les pas de son ami, sur les traces des crimes qu’il avait recherchés durant sa vie : Deux argentins, torturés pour le meurtre d’un homme dont on n’a jamais retrouvé le corps, Elizabeth Bathory, la comtesse hongroise sanguinaire, les massacrés d’Oradour-sur-Glane, ou encore Andreï Tchikatilo, un tueur d’enfant russe. Un thème revient à chaque fois: la duplicité. Celle des femmes en particulier, qui sous des dehors angéliques, ont trahi, tué, commis des actes horribles.

Philip comprend vite que le coeur du drame de son ami réside dans la disparition de Marisol, jeune guide en Argentine, pendant les années de la Junte. Il va peu à peu tenter de reconstituer le puzzle du mystère de la disparition de Marisol et du suicide de Julian.

Le crime de Julian Wells démarre lentement, et se poursuit à ce même rythme. Le roman a tout de même soutenu mon intérêt jusqu’au bout, mais sans m’emporter avec lui. À vrai dire, je suis un peu restée à quai. Loin de la brillance des Feuilles Mortes et de Au lieu-dit Noir-Etang, j’ai trouvé Le crime de Julian Wells un peu poussif, laborieux et terne. Je n’y ai pas retrouvé Thomas H. Cook, à dire vrai, j’avais l’impression de lire du Robert Goddard, sans la magie de ce dernier. Peut-être est-ce le fait que Cook flirte avec le roman noir d’espionnage, qui n’est pas mon genre préféré? Ou peut-être le sentiment de “tout ça pour ça”, quand, au terme d’avoir été baladé de l’Argentine à l’Ukraine en passant par les Balkans, l’Espagne et la France, on retourne au point de départ, vers une vérité sommes toutes assez simple, une révélation pas si surprenante ? Un roman que j’ai trouvé austère, et parfois un peu confus, qui prend beaucoup de chemins tortueux pour arriver au but. Thomas H. Cook nous a prouvés qu’il était capable de beaucoup mieux…